Poésie: Eole
Dis Eole,
mais qu’est-ce qui t’as pris cette nuit ?
Pourquoi cette folie,
cette colère soudaine ?
Pourquoi tant de haine ?
En fin de nuit, tu nous as réveillés,
Par tes cris, tes hurlements de hyène
Tu t’es déchainé sur nous
Comme des dizaines d’ harpies
Nous, qui sommes à côté de toi, si petits.
Tu avais bien préparé ton plan de bataille
C’est la forêt en premier que tu as assailli
Proie tellement facile pour toi.
Tu as fait tomber des pins par milliers
Ceux qui sous ton souffle ne voulaient se courber,
Tu leur as carrément décapité
Leurs têtes alourdies par la pluie,
Comme un fétu de paille, tu les as projetées
Un peut partout, sur tout sans regarder ou elles tomber
Tu as lancé leurs pignes à plusieurs mètres à la ronde
Elles se sont révéler de véritables bombes
Traversant portes, vitrines sans encombre
Mais cela ne t’a pas suffit.
Afin que ta jouissance soit complète
Tu t’es mis à titiller la mer
Elle est devenue blanche de colère.
Elevant ses vagues de plusieurs mètres de haut
Elle les a ensuite laissé choir
Sur nos ports, nos villages,
Laissant une multitude de bateaux
Eventrés, couchés sur le flanc,
Flottants et errants dans nos rues immergées
Enfin repu, assouvi, tu nous laisses ce soir
Sans lumière, dans le froid, abasourdis, interdits
Poursuivant ta route meurtrière sans te soucier
De l’ampleur des dégâts que tu laisses derrière toi
Sachant très bien que si l’envie te prend
Tu peux recommencer à tout moment
Car tu es Eole
Le dieu du VENT
